Face aux enjeux environnementaux, la Fédération Française de Volley (FFVolley) s’est engagée progressivement dans une démarche de transition écologique, en s’appuyant à la fois sur les pratiques existantes, l’accompagnement des clubs et la valorisation des initiatives locales.
Nous avons rencontré Sébastien Gonçalves-Martins, Vice-Président de la FFVolley, en charge du Développement, pour mieux comprendre comment cette démarche a été initiée, quelles actions sont déjà déployées et comment la fédération mobilise l’ensemble de son réseau.
L’engagement de la Fédération Française de Volley en faveur de la transition écologique s’inscrit dans une double dynamique : celle des politiques publiques portées par le Ministère des Sports, et celle de pratiques déjà ancrées dans la culture du volley.
Historiquement, au sein de l’écosystème du volley et du fonctionnement des clubs, la réduction de l’impact carbone lié à la mobilité est déjà en marche : le covoiturage est largement pratiqué, tout comme les déplacements groupés en train ou en minibus pour les compétitions locales et nationales.
L’enjeu a donc été d’approfondir cette première approche, en accompagnant les dirigeants afin de structurer la démarche et de la rendre attractive.
« La difficulté, c’est d’emmener les dirigeants, de leur montrer que ce n’est pas quelque chose de trop contraignant, mais plutôt une opportunité à saisir. »
Concrètement, la fédération a commencé par analyser les déplacements des équipes nationales dans le cadre des compétitions fédérales. Ce travail a conduit à une réorganisation des championnats nationaux, avec une augmentation du nombre d’équipes engagées, et un aménagement de la composition des poules. Une mesure efficace, puisqu’elle a permis de réduire d’environ 15 % le nombre de kilomètres parcourus par équipe en moyenne. Cette première étape structurante, présentée au conseil d’administration, a permis d’objectiver les enjeux et d’engager le collectif dans une démarche progressive.
Cette première étape structurante, présentée au Conseil d’administration, a permis d’objectiver les enjeux et d’engager le collectif dans une démarche progressive.
Pour consolider son engagement, la FFVolley s’est également appuyée sur des partenariats clés, notamment avec la MAIF. Celui-ci a permis d’intégrer pleinement les enjeux de responsabilité sociétale et environnementale dans le fonctionnement interne de la fédération, tout en renforçant l’accompagnement des clubs grâce au développement de moyens humains : un poste spécifiquement dédié au volet RSO a ainsi pu être créé.
Dans la continuité de l’état des lieux déjà réalisé, la fédération s’est interrogée sur les leviers à activer pour engager concrètement les clubs dans une démarche de réduction de leur impact. La principale porte d’entrée a été l’intégration de la transition écologique au sein de ses appels à projets.
Une première initiative a ainsi vu le jour autour du dispositif « le volley OUTDOOR C’EST IN my club », visant à promouvoir toutes les organisations outdoor déployées par nos clubs ou instances. L’un des objectifs de cet appel à projets consistait notamment à inciter les structures à mener des actions éco-responsables, en s’appuyant sur le guide « Sport Planète » (réalisé par la MAIF à destination des organisateurs d’événements sportifs). Pour démontrer leur engagement, les clubs volontaires avaient ensuite la possibilité d’évaluer leur démarche à travers un outil construit par la FFvolley, permettant ainsi d’obtenir une vision d’ensemble des initiatives déployées à l’échelle nationale.
Au total, sur 220 structures ayant organisé un ou plusieurs événements outdoor sur l’été 2025, plus de 80 ont pris le temps de renseigner une grille d’auto-évaluation de leurs actions écoresponsables. Cette forte mobilisation volontaire a incité la fédération à engager une enveloppe de 15 000 euros pour récompenser les clubs s’inscrivant dans cette dynamique !
« Ce que je trouve positif, c’est que ce sont des démarches volontaires. Les clubs qui s’engagent le font parce qu’ils en ont envie, malgré le fait qu’ils reposent essentiellement sur des bénévoles. »
Le partenariat développé avec l’Institut du Sport Durable a ensuite permis de proposer une formation à une trentaine de clubs ayant répondu à l’appel à projets et souhaitant aller plus loin dans leur démarche.
Grâce à ses premières démarches, de nombreuses initiatives locales ont émergé : recyclage de ballons usagés, gestion responsable des déchets (mise en place de brigades vertes), développement de l’économie circulaire, réemploi de supports de communication ou encore actions favorisant une alimentation durable (fabrication de jus et compotes maison sur les buvettes, élaboration de menus équilibrés avec l’appui d’une diététicienne…) et des mobilités plus sobres.
« On ne révolutionne pas la planète, mais c’est la somme de toutes ces petites initiatives qui est intéressante. »
Selon Sébastien Gonçalves-Martins, le succès de cet appel à projets, centré sur les événements, ouvre la voie à une possible déclinaison de la démarche à l’échelle de l’activité globale des clubs.
Parmi les actions emblématiques figure également la création d’une exposition itinérante de sensibilisation, portée par des joueuses et joueurs des équipes de France de volley et de beach-volley, autour des thématiques de la biodiversité et de l’eau. L’objectif : sensibiliser autrement, en s’appuyant sur les athlètes et en allant à la rencontre des publics lors des événements.
Aussi, la FFVolley a choisi d’investir le champ du réemploi des équipements sportifs, en travaillant avec Ecologic, afin de faciliter la collecte et la seconde vie des ballons et matériels usagés. Un appel à projets sur cette thématique sera déployé prochainement par la fédération.
« L’activité sportive génère forcément des déchets. La question, c’est : comment on peut faire mieux et éviter de jeter ce qui peut encore servir ? »
Sébastien Gonçalves-Martins souligne que le renouvellement des articles de sport, au sein des clubs comme des équipes de France, constitue un enjeu majeur en matière d’impact environnemental. Son optimisation doit donc faire l’objet d’une réflexion approfondie. Certaines pratiques existent déjà : lors de stages sportifs, lorsque les organisateurs disposent de contacts avec des internationaux ou des joueurs professionnels, les anciens équipements sont parfois redistribués aux jeunes participants.
« Pour le moment, on n’a pas encore quelque chose de structuré à ce niveau, qui faciliterait la collecte et éviterait des équipements inutilisés. Il y a sans doute aussi des pistes à explorer pour permettre à des personnes issues de milieux défavorisés de pouvoir en bénéficier. »
Par ailleurs, la Fédération Française de Volley confirme son engagement écoresponsable à travers sa politique d’achats. Lors de chaque consultation, qu’elle concerne l’événementiel ou d’autres domaines, l’impact environnemental des fournisseurs constitue un critère de sélection déterminant. Cette démarche est appelée à se renforcer avec la mise en place prochaine d’actions complémentaires, telles que la réalisation d’un bilan carbone prévue en 2026.
Mobiliser un réseau aussi large et diversifié représente un véritable défi. La fédération fait le choix d’une approche incitative et progressive, en tenant compte de la réalité des clubs et de l’engagement bénévole qui les anime.
« Ce n’est pas la priorité numéro un des dirigeants sportifs. Leur priorité, c’est de faire fonctionner leur structure. Il faut en avoir conscience. Le vrai défi est de montrer progressivement que ce n’est pas une perte de temps, mais un changement de nos habitudes. »
La transition écologique est intégrée au projet sportif fédéral et prise en compte dans le cadre des financements de l’Agence Nationale du Sport (ANS). La reconduction des projets volley outdoor, l’ouverture de formations accessibles à toutes les structures et la valorisation des bonnes pratiques constituent des leviers essentiels pour accompagner le changement.
« Le changement de pratiques ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut accompagner, expliquer, former et valoriser ce qui fonctionne, pour susciter des intérêts. »
L’arrivée d’un référent dédié au sein de la fédération permet aujourd’hui de mieux coordonner les actions, de développer de nouveaux partenariats et de diffuser plus largement les initiatives locales à l’échelle nationale.
« On fait déjà beaucoup de choses localement. L’enjeu maintenant, c’est de mieux les partager et de les valoriser. »
En s’appuyant sur des pratiques existantes, en mesurant son impact et en accompagnant progressivement ses clubs, la Fédération Française de Volley démontre que la transition écologique peut s’inscrire concrètement dans le fonctionnement d’une fédération sportive.
Réduction des déplacements, mobilisation des territoires, valorisation des initiatives locales, formation et réemploi des équipements : autant de leviers activés pour faire évoluer les pratiques, sans perdre de vue la réalité des clubs et de l’engagement bénévole.
Une dynamique collective est aujourd’hui enclenchée, confirmant que le sport peut être un acteur clé de la transition écologique, au plus près des territoires.
Ressource utile (utilisée par la Fédération Française de Volley dans l’accompagnement de ses clubs et comités) : Guide des organisateurs d’événements sportifs, MAIF Sport Planète (2021)
