Face aux enjeux croissants liés à la transition écologique dans le sport et à la nécessité d’accompagner les clubs dans l’évolution de leurs pratiques, la Ligue Île-de-France de Tennis s’est engagée dans une démarche de responsabilité sociétale structurée et collaborative.
Pour répondre à ces défis, la Ligue a fait le choix de s’appuyer sur l’intelligence collective et les dynamiques territoriales, en impliquant directement les acteurs du terrain dans la construction de ses actions.
Nous avons rencontré Sarah Gobaut, doctorante et chargée de mission RSO au sein de la Ligue, pour comprendre comment cette démarche a été initiée, quelles actions ont été mises en place et comment l’ensemble du territoire francilien est mobilisé dans la transition écologique du tennis.

La démarche de la Ligue s’est construite autour d’une volonté forte : partir des réalités de terrain pour construire des actions concrètes et adaptées aux clubs.
Elle a été initiée il y a environ trois ans par la création du Cercle des Référents du Développement Durable, à l’initiative de la gouvernance de la Ligue et de la direction du développement menée par Stéphan Feugas. Il s’agit d’un groupe de travail réunissant une grande diversité d’acteurs – représentants des comités départementaux, salariés, enseignants, ainsi que des clubs de tailles variées, en tennis comme en padel – ayant pour double-objectif de mieux comprendre les pratiques existantes et co-construire des solutions adaptées.
« L’objectif était de voir ce qui était mis en place au niveau des différents territoires. Quels étaient les freins, les enjeux et comment on pouvait co-construire une feuille de route ensemble avec des actions très concrètes pour les clubs. »
Cette approche collaborative permet d’ancrer la transition écologique dans les réalités locales, tout en favorisant l’appropriation des enjeux par les acteurs.
Parmi les premières étapes, la Ligue a mené un travail de recensement des clubs engagés, afin d’identifier les initiatives existantes et de mieux comprendre les dynamiques territoriales.
Elle a également relancé certaines actions structurantes, comme l’Opération Balle Jaune, dédiée à la collecte et au recyclage des balles de tennis et désormais au matériel sportif du tennis. Bien que lancée en 2009 par la Fédération Française de Tennis, cette initiative nécessitait d’être redynamisée pour toucher davantage de structures au niveau local. Les chiffres en témoignent : de 2023 à 2025, la collecte de balles en IDF est passée de 15,8 tonnes à 24,4 tonnes soit environ 55% de croissance en deux ans.
En parallèle, la Ligue s’est positionnée comme un acteur d’accompagnement, notamment sur les enjeux liés aux infrastructures et à la transition écologique. En s’appuyant sur les dispositifs d’aides fédérales, les Comités Départementaux franciliens orientent les clubs et facilitent la mise en œuvre de projets. Puis, la sensibilisation constitue également un axe fort, avec le déploiement de la fresque écologique du tennis. C’est un outil pédagogique efficace, qui permet d’aborder les enjeux environnementaux de manière concrète et adaptée au monde du tennis.
Pour Sarah Gobaut, un constat revient régulièrement : malgré des contraintes importantes, de nombreux clubs sont déjà engagés sans toujours le formaliser.
« Les clubs nous disent souvent qu’ils n’ont pas le temps ou pas les moyens. Mais en creusant, on se rend compte qu’ils font déjà des choses. Parfois, il suffit d’ajuster une ou deux actions pour être beaucoup plus vertueux. »
Aujourd’hui, la Ligue Île-de-France de Tennis et ses Comités Départementaux poursuivent le déploiement de leur stratégie d’éco-responsabilité, notamment à travers des dispositifs de labellisation et d’accompagnement. Déjà reconnue comme Ligue FFT Engagée, elle accompagne également plusieurs comités départementaux dans leur propre démarche de structuration : la quasi-totalité d’entre eux sont labellisés Comités FFT Engagés, rendant compte de leurs investissements
Des audits-conseils ont été réalisés avec l’AFDAS, permettant d’établir des diagnostics et de faire émerger une grande diversité d’actions au sein des comités : potagers, mobilités durables, évolution des pratiques alimentaires ou encore optimisation des équipements.
En parallèle, la Ligue s’inscrit dans des dynamiques partenariales, notamment avec l’Institut du Sport Durable et le CROS Île-de-France dans le cadre du programme de l’Agence Nationale du Sport “Impact 2024”. Ces collaborations permettent d’élargir les publics concernés, en intégrant notamment les adhérents, encore peu mobilisés sur ces sujets.

« Les adhérents sont une vraie ressource. Aujourd’hui, on s’adresse encore trop peu à eux, alors qu’ils peuvent être moteurs pour aller encore plus loin. » A l’occasion du deuxième colloque Tennis et Ecoresponsabilité organisé par la Ligue IDF de Tennis, l’ensemble des acteurs a été convié à participer à cet événement : dirigeants-bénévoles, enseignants et licenciés.
L’enjeu est désormais de diffuser largement les messages et d’intégrer l’éco-responsabilité dans l’ensemble des pratiques et des échanges.
« C’est en continuant à parler en continu d’éco-responsabilité qu’on réussira une transition écologique vertueuse, qui accompagnera la transition sociale que les clubs ont déjà entamée depuis longtemps. »
L’un des principaux défis pour la Ligue réside dans la diversité des contextes territoriaux en Ile-de-France. Entre les clubs urbains, notamment à Paris, et ceux situés en grande couronne, les réalités et les besoins diffèrent fortement.
Pour y répondre, la Ligue adopte une approche combinant adaptation locale et mutualisation des actions :
« L’idée, c’est d’arriver à avoir un développement à la fois très spécialisé car faisant appel au local, et de l’autre côté, de parvenir à une mutualisation des actions bénéfique à tous les clubs franciliens. »
Cette logique permet aux clubs de construire leurs propres feuilles de route, en piochant dans les initiatives existantes et en les adaptant à leur contexte.
Bien entendu, la réussite de cette transition repose en grande partie sur l’engagement des enseignants et des dirigeants, véritables piliers des clubs. Alors que la Fédération a récemment mis à disposition des modules de formation dédiés à la transition écologique et à la RSO, la Ligue Ile-de-France de Tennis intervient régulièrement à l’échelle régionale afin de sensibiliser ses clubs et les accompagner dans la mise en œuvre d’actions concrètes. Ces interventions sont également l’occasion de créer des espaces d’échange et de montée en compétence des dirigeants.

Malgré des contraintes fortes, ces acteurs trouvent des motivations variées pour s’engager : intérêt économique, impact social ou encore quête de sens.
« Même si ce n’est pas leur priorité au départ, on arrive à les embarquer en montrant les bénéfices concrets. »
À travers une approche progressive, collaborative et ancrée dans les réalités de terrain, la Ligue Île-de-France de Tennis construit une dynamique durable en faveur de la transition écologique de sa pratique sportive.
En valorisant les initiatives existantes, en accompagnant les clubs de tennis franciliens, et en mobilisant l’ensemble des acteurs du territoire, elle démontre qu’il est possible d’engager une transformation en profondeur, adaptée aux spécificités locales.
Ressources utiles de la Ligue Île-de-France de Tennis :
