Jusqu’à deux mois de pratique sportive pourraient disparaître chaque année pour les Français dans un scénario de réchauffement à +4 °C. Derrière cette projection du WWF France 2021, se dessine une question très concrète : comment continuer à pratiquer, organiser et faire vivre le sport dans un climat qui change ? Avec SPORT50, l’Institut du Sport Durable propose aux acteurs du sport de ne pas s’arrêter au constat : comprendre les transformations en cours, confronter les expériences de terrain et identifier des solutions capables d’être mises en œuvre dans leurs propres structures.
Le changement climatique ne concerne plus seulement l’avenir du sport. Il en modifie déjà les conditions de pratique. La hausse des températures, les épisodes de sécheresse, les fortes précipitations ou encore les inondations fragilisent les équipements et perturbent les calendriers sportifs. En France, l’enjeu est considérable : près de 90 % des terrains de football sont en gazon naturel et plus d’un million de matchs sont disputés chaque année sur environ 43 500 terrains. Or, ces surfaces sont directement sensibles aux conditions climatiques. La question n’est donc plus seulement de savoir comment réduire l’empreinte environnementale du sport. Elle est aussi de savoir comment adapter le sport à un environnement qui, lui-même, change.

Après les Jeux de Paris 2024, Julia Harnie et Nicolas Vandenelsken ont relié Paris à Chamonix en courant plus de 50 kilomètres par jour pendant 20 jours. Trois régions, huit départements et seize villes ont été traversés, avec une ambition claire : aller à la rencontre des acteurs locaux qui expérimentent déjà des réponses aux enjeux environnementaux du sport. Une trentaine d’entre eux ont ainsi partagé leurs expériences.
De cette traversée est né un documentaire d’une trentaine de minutes. Mais l’objectif n’était pas d’ajouter un film supplémentaire aux nombreux contenus déjà consacrés à la crise climatique. Le choix a été de donner la parole au terrain, à celles et ceux qui expérimentent, rencontrent des difficultés, adaptent leurs pratiques et cherchent des solutions.
La projection de ce film met des visages, des territoires et des expériences derrière des enjeux qui peuvent parfois sembler abstraits.
Vient ensuite la sensibilisation et l’échange. Les participants confrontent ce qu’ils viennent de voir à leur propre quotidien. Quelles difficultés rencontrons-nous déjà ? Quelles pratiques avons-nous mises en place ? Quels freins subsistent ? Qu’est-ce qui fonctionne ailleurs et pourrait nous inspirer ?
Cette discussion permet d’engager un état des lieux. Mobilité, équipements sportifs, énergie, eau, matériaux, déchets, organisation des événements : l’enjeu est aussi de d’analyser sa propre structure et de comprendre où elle en est. Une démarche importante, car passer à l’action ne signifie pas nécessairement repartir de zéro.
Enfin vient l’outillage. Parmi les solutions et bonnes pratiques présentées, chaque structure peut identifier celles qui correspondent à ses besoins, ses moyens et son territoire.
La logique de SPORT50 pourrait ainsi tenir en quelques mots : je comprends, j’échange, j’observe ce qui existe chez moi, je sélectionne les bonnes pratiques pertinentes et je les mets en œuvre.
Sur la question de l’eau, par exemple, certaines structures modifient déjà leurs pratiques. Le Golf Club de Lyon expérimente des espèces de gazon plus résistantes au déficit hydrique et limite les surfaces arrosées. D’autres agissent sur l’entretien des terrains, la récupération de l’eau ou la réduction des produits phytosanitaires.
La même logique se retrouve sur l’énergie, les déplacements, le matériel sportif ou les déchets. Des structures développent l’éclairage LED, les transports collectifs, le réemploi du matériel ou encore des dispositifs permettant de limiter les déchets lors des événements sportifs.
L’enjeu n’est donc pas toujours d’inventer une nouvelle solution. Il consiste aussi à faire circuler celles qui fonctionnent déjà, à les confronter à d’autres réalités et à permettre aux acteurs de se les approprier.
C’est précisément ce que cherche à provoquer SPORT50.

Le programme a déjà trouvé sa place dans des environnements sportifs très différents.
L’ANDIISS Normandie, le CDOS du Pas-de-Calais, le Comité de l’Essonne de Tennis ou encore la Fédération Française de Basketball ont notamment accueilli des sessions SPORT50.
Derrière ces quatre noms se trouvent pourtant des réalités très différentes : professionnels territoriaux du sport, mouvement sportif départemental, réseau de clubs spécifiques à une discipline, ou fédération nationale. Cette diversité est importante, car la transition écologique ne se traduit pas de la même manière selon que l’on gère des équipements, accompagne des associations, organise des compétitions ou anime un réseau de clubs.
Dans le Pas-de-Calais, cette logique de solutions concrètes se retrouve par exemple dans le projet Sports Ressources 62 du CDOS. Le dispositif repose sur la mutualisation et le réemploi de matériel sportif. Plutôt que de voir chaque organisateur acheter ou louer séparément les mêmes équipements, le territoire cherche à mieux utiliser les ressources déjà disponibles. Près de 4 000 sièges provenant du stade Bollaert ont notamment pu être redistribués à des clubs et collectivités.
Un exemple qui résume bien l’une des philosophies derrière SPORT50 : une bonne pratique expérimentée quelque part peut devenir une solution pour d’autres, à condition de la faire connaître et de créer les espaces nécessaires pour en discuter.
Au fil des sessions, la démarche s’étend.
Pour l’année 2025, plus de 1000 personnes ont participé aux ateliers SPORT50. La dynamique se poursuit en 2026 avec déjà près de 500 dirigeants sportifs formés depuis Janvier ! Plus largement, les sessions SPORT50, les Ateliers Sport Durable et les actions de sensibilisation réalisées avec Ecologic ont permis de sensibiliser environ 40 000 personnes l’an passé.
Au-delà du nombre de participants, l’enjeu réside désormais dans ce que ces temps de sensibilisation produisent ensuite dans les structures.
Car comprendre le changement climatique est une première étape. Identifier les vulnérabilités de son organisation en est une deuxième. Mais la transition se mesure finalement dans la capacité à transformer ces constats en pratiques nouvelles.
C’est là que SPORT50 entend jouer son rôle : créer un espace où les connaissances rencontrent les expériences de terrain, et où les expériences peuvent devenir des solutions.

Personne ne peut décrire précisément le club, le stade ou la compétition de 2050. Les travaux scientifiques permettent en revanche de mesurer les transformations auxquelles le sport devra faire face dans les prochaines années et décennies.
Face à cette perspective, deux attitudes sont possibles : attendre que les contraintes imposent les changements ou anticiper dès à présent sa transition en tant que club. SPORT50 fait le choix de la seconde.
Du documentaire à la mise en place d’actions concrètes, le programme cherche à faire du constat climatique non pas une conclusion, mais le début d’une démarche collective. Parce que la transition écologique du sport ne se joue pas uniquement dans les rapports, les stratégies nationales ou les grandes compétitions. Elle se construira aussi dans les décisions quotidiennes prises par les clubs, les collectivités, les fédérations et celles et ceux qui font vivre le sport.
Et si préparer le sport de 2050 commençait simplement par se demander ce que nous pouvons changer, dès aujourd’hui ?
Clubs, fédérations, collectivités, acteurs du mouvement sportif, mobilisez dès présent vos clubs en organisant vous aussi une session SPORT50 !
Contactez-nous à l’adresse : contact@institutdusportdurable.org