Au cœur du stade Charléty, le Paris Université Club (PUC) s’engage dans une transformation progressive de son modèle. Face aux enjeux climatiques, le club omnisport structure sa démarche autour d’un projet fédérateur : PUC 2030.
Antoine Thébault, administrateur du PUC et trésorier adjoint de la section athlétisme, pilote cette dynamique. Élu depuis six mois au conseil d’administration, il s’est engagé avec un objectif clair : accompagner le club dans sa transition.
Au PUC, la transition écologique prend aujourd’hui forme autour d’une démarche structurante que nous explique Antoine Thébault.
« J’anime une démarche qu’on a appelée PUC 2030. Elle vise à réfléchir à la manière dont le club peut réduire son empreinte écologique et se préparer à adapter ses pratiques sportives à un climat qui change. »
Pensée à horizon 2030, cette initiative traduit une volonté d’anticipation autant que d’action. Elle s’inscrit dans une vision globale du rôle que peut jouer un club sportif amateur face aux défis environnementaux.
Si la structuration est récente, l’engagement du PUC remonte à plusieurs années déjà. Dès 2022-2023, des actions concrètes ont été mises en œuvre, notamment sur les enjeux de mobilité et d’énergie.
« Une partie de la flotte thermique des véhicules du club a été convertie en électrique. Ça permet aujourd’hui aux athlètes d’aller sur des distances au-delà de l’île-de-France et de faire le dernier kilomètre en mode bas carbone. »
Dans la même dynamique, un atelier de réparation vélo a été mis en place tandis qu’une politique zéro plastique a été déployée au sein du Social Club pour limiter le gaspillage. Le passage à l’éclairage LED pour les terrains extérieurs vient compléter ces premières avancées.
Au-delà des actions, le principal défi reste humain. Comme dans de nombreux clubs amateurs, le PUC repose largement sur l’engagement des bénévoles.
« Le sujet le plus compliqué, c’est la mobilisation. Les bénévoles ont une disponibilité limitée et les adhérents viennent d’abord pour faire du sport, pas forcément pour s’engager dans des démarches transversales. »
Pour répondre à cet enjeu, le club a fait le choix de structurer sa démarche. Une ambition claire a été définie et validée par le conseil d’administration, puis déclinée à travers une gouvernance dédiée.
« On a la chance, le privilège je dirais même, d’avoir un comité de pilotage avec le président du PUC, le directeur général, un certain nombre d’élus et des salariés. »
Mais pour Antoine Thébault, la clé du succès réside aussi dans la sensibilisation. « Il faut comprendre le problème avant d’être séduit par une démarche comme la nôtre. »
C’est dans cette optique qu’une première session de sensibilisation a été organisée avec l’Institut du Sport Durable (organisation d’un atelier SPORT50), étape importante dans l’engagement du club. Au-delà de ces outils, il insiste sur un levier essentiel : l’attachement au club. « Si on s’engage, c’est parce qu’on aime avant tout son club et qu’on veut continuer à pouvoir faire du sport dans des conditions décentes, confortables. »
Avec ses 40 sections sportives, le PUC a fait le choix d’une approche pragmatique : une feuille de route pour l’année 2026 a été co-construite avec les parties prenantes pour expérimenter plusieurs actions avant leur déploiement.
« On est plus à se dire : testons les choses, expérimentons, plutôt que de généraliser tout de suite. »
Parmi les pistes explorées, le club travaille notamment sur la gestion de l’eau, le développement des mobilités douces ou encore la sensibilisation. Certaines initiatives émergent directement des sections. C’est le cas de celle d’athlétisme qui a récemment testé une alternative aux médailles lors d’un triathlon organisé pour les Éveils et les Poussins.
« On a offert au premier un pot de violette, emblème du club, et des graines aux deuxième et troisième. »
Même si elle a suscité davantage d’interrogations chez les enfants, l’initiative a été bien accueillie par les parents : un exemple concret de cette logique d’expérimentation pensée pour être ajustée avant un éventuel déploiement plus large.
La démarche PUC 2030 ne constitue pas une initiative isolée. Elle s’inscrit pleinement dans la politique de responsabilité sociétale du club et fait écho à ses valeurs. « La démarche résonne très fort avec nos valeurs d’ouverture, de santé, de formation et de solidarité. »
Cette ouverture se traduit également dans les partenariats que le club cherche à développer.
« On a besoin de la ville de Paris, d’éco-organismes comme Ecologic, d’associations qui font de la sensibilisation comme l’Institut du Sport Durable. Le PUC n’est qu’un maillon très en aval de cette chaîne. »
Le club s’inscrit ainsi dans une dynamique collective, essentielle pour faire avancer ces enjeux à l’échelle du sport amateur.
À travers PUC 2030, le club parisien lance un appel clair à son écosystème. « On n’a pas nécessairement besoin de 1 500 personnes mais de quelques noyaux très engagés pour faire avancer la démarche. »
La perspective de 2030 peut sembler lointaine mais les transformations à entamer sont bien immédiates. Pour Antoine Thébault, l’enjeu est de construire dès aujourd’hui un modèle de club capable de s’adapter aux évolutions climatiques tout en continuant à offrir des conditions de pratique de qualité.
« Si on veut faire bouger les lignes et dessiner un futur qui soit confortable, on a besoin de vous tous. Rejoignez-nous ! »
Avec PUC 2030, le Paris Université Club montre qu’un club omnisport peut, à son échelle, structurer une démarche environnementale ambitieuse sans perdre de vue sa réalité de terrain. Ici, chaque expérimentation contribue à une transformation plus large : celle d’un sport amateur capable de s’adapter aux défis climatiques.
Le PUC rappelle surtout qu’il n’est pas nécessaire d’avoir toutes les réponses pour agir. Une vision, une organisation et quelques personnes engagées peuvent suffire à enclencher une dynamique durable !
Vous trouverez ci-dessous plusieurs ressources en lien avec l’engagement du PUC :