À Givry, en Saône-et-Loire, le tennis club local amorce une transition vers des pratiques plus responsables. Une démarche encore récente, portée par l’envie d’agir, d’expérimenter… et surtout de sensibiliser, pas à pas, l’ensemble de ses adhérents.
Avec près de 120 licenciés, dont plus de la moitié ayant moins de 14 ans, le TC Givry se distingue par son ancrage local fort et sa dimension intergénérationnelle. Un terrain idéal pour faire émerger de nouvelles pratiques. Nous avons rencontré Pierre Leoussoff, président du club, qui nous expose la démarche environnementale engagée du TC Givry.
Comme dans beaucoup de clubs amateurs, les enjeux environnementaux n’étaient pas jusqu’ici une priorité clairement identifiée. « C’est vrai qu’on ne se positionne pas forcément toujours par rapport à l’écologie », reconnaît Pierre Leoussoff.
Pourtant, certaines actions existaient déjà, sans être forcément perçues comme telles. Le recyclage des balles en est un exemple : collectées par la Ligue, elles sont ensuite reconditionnées ou transformées pour d’autres usages.Mais c’est la participation à la Coupe de France des Potagers des clubs de tennis, portée par la Fédération Française de Tennis, qui a véritablement enclenché une réflexion plus globale.
À l’origine du projet, un croisement d’engagements personnels et collectifs. En parallèle de son rôle au club, Pierre Leoussoff est impliqué dans une association locale : les Jardins Partagés de Givry.
« Le président de l’association est vraiment hyper expert. Il s’est rendu expert en testant, en essayant depuis 5 ou 6 ans… Il se débrouille bien et il peut faire partager sa passion, et sa réussite de plantation et d’évolution des légumes. »
Lorsque l’appel à participation de la FFT est lancé, l’idée s’impose naturellement : initier un projet, même modeste, autour de l’alimentation durable.
Avec le soutien financier de 200€ de la FFT et l’accompagnement de l’association, deux carrés potagers sont installés à proximité des terrains. Une première étape concrète, rendue possible grâce à l’implication des bénévoles de l’association et du club, et au soutien de la municipalité.
« Le maire et l’adjointe aux sports étaient présents. C’est important de construire ce type de projet avec les acteurs locaux. »

Au-delà de l’installation en elle-même, cette initiative a surtout permis de créer un espace d’échange entre les participants. « On a comparé les façons de faire : comment planter, à quelle profondeur, combien de plants… C’était simple, c’est la première étape, mais très enrichissant. ».
Ces discussions, nourries par l’expertise des membres des Jardins Partagés, ont permis de poser les premières bases d’une culture commune autour du jardinage et de l’alimentation. Le lien entre les deux structures apparaît aujourd’hui comme un véritable levier. « On est plusieurs du club à faire partie de l’association. Ça crée une passerelle naturelle. ».

Si les adultes se sont rapidement approprié le projet, la mobilisation des plus jeunes reste un défi. « Les enfants n’ont pas vraiment répondu à l’appel pour cette première étape. ».
Un constat que Pierre Leoussoff analyse avec lucidité. Entre les contraintes d’organisation, les habitudes et le manque de temps, il n’est pas toujours simple d’impliquer l’ensemble des publics (parents et enfants) dès le départ. Pour autant, le potentiel est bien identifié, et le groupe de bénévoles déjà impliqués souhaite sensibiliser davantage les jeunes du club.
« On aimerait faire prendre conscience aux élèves de l’école de tennis de cette problématique. Pour l’instant, c’est plutôt les adultes qui ont vraiment joué le jeu. »
Des pistes sont déjà envisagées : ateliers semis, intégration du potager dans les activités du club, ou encore projets pédagogiques en lien avec l’école de tennis. Les idées ne manquent pas !

En parallèle du potager, le club a également participé à un Quiz Nutrition proposé dans le cadre de la Coupe de France du Potager de la FFT. Accessible via QR code, ce quiz aborde des thématiques variées, mêlant tennis et alimentation.
« Ce sont des questions assez simples, mais qui amènent à réfléchir. », nous explique Pierre Leoussoff.
Si le dispositif s’inscrit dans un challenge (avec un nombre de réponses plafonné pour le classement final du challenge), le TC Givry a fait le choix de privilégier la sensibilisation : « Ça ne sert plus à rien au niveau du jeu, mais l’idée, c’est que les gens s’informent. Et il faut continuer à informer les gens sur l’alimentation durable. C’est notre futur ».
Une dynamique largement soutenue par les Jardins Partagés, dont les membres ont fortement contribué à la participation.
Le club ne cache pas être au tout début de sa démarche : tri des déchets encore perfectible, manque de réflexes éco-responsables d’une partie des adhérents, difficultés de mobilisation… les marges de progression sont nombreuses.
« On a fait un nettoyage des abords des terrains et de tout le matériel. […] On a dû repasser derrière à la fin de la journée, car on s’est rendu compte que personne ne s’était posé la question, tout avait été mis dans la poubelle jaune. Alors que les filets, ça va se recycler, par exemple. Donc, on part de très loin… ».
Mais cette prise de conscience est aussi perçue comme une opportunité : « Si on ne lance pas, on est sûr que ça ne marchera pas. ».
Pour la suite, le TC Givry souhaite s’inscrire dans une dynamique évolutive, en lien notamment avec les futurs défis proposés dans le cadre du programme de la Coupe de France du Potager.
« On attend le prochain défi pour voir s’il correspond à nos possibilités et capacités. On est vraiment des débutants, on va dire ! »
Le potager pourrait ainsi devenir, à terme, un véritable outil pédagogique et fédérateur. Des réflexions sont également en cours sur l’organisation (arrosage, suivi, implication des adhérents), et son intégration dans la vie du club.
Au-delà des enjeux environnementaux, le projet porte une ambition plus large : favoriser les échanges entre générations. « Comme au tennis, un enfant peut jouer avec un grand-parent. Le potager, c’est pareil. ».
Dans un contexte où les modes de vie évoluent et où le lien à la nature peut parfois s’éloigner, ces initiatives prennent tout leur sens.
« Avant, les grands-parents transmettaient beaucoup. Aujourd’hui, c’est moins le cas. On peut recréer ça. »
Qu’il s’agisse d’associations locales, de collectivités ou de bénévoles engagés, à Givry, ces relais sont essentiels pour accompagner les premières étapes. Autre enjeu clé pour le club : élargir la mobilisation, notamment auprès des parents. « Les parents ne sont pas toujours disponibles, mais il faut trouver des moyens de les impliquer autrement. ».
À Givry, le chemin vers un club plus durable ne fait que commencer. Mais les premières graines sont plantées : « On lance… et on verra. Mais au moins, on avance ! ».
Pour en savoir plus sur le Tennis Club de Givry, rendez-vous sur : https://www.facebook.com/p/Tennis-club-de-Givry-100063543702412/
Pour en savoir plus sur la Coupe de France des potagers de clubs de tennis, rendez-vous sur : https://coupedupotagertennis.webflow.io/